L’inspecteur est fatigué

L’inspecteur est fatigué, sa femme l’a quitté, il boit plus que de raison.
Je lis un de ces livres policiers, pas mal fait, honnêtement manufacturé comme un aliment dont la recette git au coin d’une table. On y revient car on aime sa quintessence mais on se demande s’il n’aurait pas été meilleur avec plus de nouveauté.
Les intrigues bien ficelées me distraient mais je ne comprends pas pourquoi on ne les applique pas à des situations moins caricaturales. Sortons les énigmes des commissariats, lisons Pierre Magnan et ses mystères des Basses Alpes, Eduardo Mendoza et son héros qui doit à chaque fois s’échapper de son hôpital psychiatrique pour mener l’enquête.

Tourne-page

Je termine le roman de Bernard Tirtiaux, Le puisatier des abîmes.
Quel bonheur que d’avoir envie de retrouver d’un livre ! L’impatience d’être dans son lit pour reprendre ses pages, la lutte contre le sommeil pour prolonger la lecture… Je ne sais pas vous mais chez moi, c’est rare.
Bernard Tirtiaux raconte l’histoire de déchets projetés dans le magma de la terre, celui dont Jules Verne avait ouvert les brèches. Son narrateur est un faiseur d’images cloué au sol mais visant les cimes, celles d’un orfèvre de la recréation de la réalité et assoiffé d’un amour dont il tente à corps perdu de saisir la fugacité.

Dans ses dernières pages, le roman flirte un peu trop à mon avis avec le dénouement classique d’une intrigue planétaire mais je vous en conseille la lecture.

Le temps n’existe pas ?

En effet, je ne l’ai pas trouvé pour penser à une chronique cette semaine.

Un nouveau passage à Lima m’a permis de reprendre l’écriture. Je ne comprends pas totalement pourquoi ce pays est si lié à mes réflexions littéraires, même lorsque le roman se déroule dans un autre pays – cette fois au Mexique…

Lisez le manuscrit complet de Il est mort, Jim – 2

Retrouvez deux fois par semaine, le mercredi et le dimanche, un nouvel épisode du roman inédit Il est mort, Jim. A retrouver également sur Facebook.

PUC Lima Illustration épisode Il est mort, Jim

Chapitre 2 – 1

A 58 ans, en 2012, j’avais décidé, de mener une dernière recherche. J’étais professeur d’histoire. On me disait assez populaire auprès des étudiants et quelque peu atypique pour les canons de la Pontífica Universidad del Perú, la PUC. J’avais choisi, auparavant, pour mon doctorat, de travailler sur le Sentier Lumineux. On était à la fin des années 1980 et c’était un fait d’actualité.
Dans ma jeunesse, à une époque où ce n’était pas très courant, j’étais un peu le globe-trotter de sa famille. En 1976, j’avais quitté Paris pour Lisbonne, où j’avais obtenu un Master d’histoire. Ensuite, j’étais allé à Barcelone, où j’avais travaillé comme serveur, puis m’étais retrouvé à Sydney où j’avais trouvé un emploi de répétiteur auprès des enfants d’un diplomate.