La mort plus du tout

« La mort, plus du tout », songeai-je, quelques heures plus tard, chez moi, alors que je fumais une cigarette assis à la table de la cuisine. J’en étais encore bien loin en ce qui me concernait. J’avais commencé à lire les journaux du dimanche, que j’avais trouvés sous ma porte en rentrant, puis mon esprit était revenu vers les paroles d’Eduardo. J’avais déjà entendu parler d’histoires semblables mais n’y avais pas prêté attention. Sans doute qu’à ces autres moments de ma vie, j’étais moins enclin à les écouter. Mais cette fois, le témoignage avait été direct et Eduardo paraissait croire en ce qu’il racontait. J’étais à peu près dans l’état d’esprit suivant : si cela pouvait être vrai ! »
Marc Boisson, Il est mort Jim
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Heureusement Bach

Il faudrait administrer une dose de baroque à tous les Français. Ne serais-je pas plus rigide encore, intransigeant et obstinément incrédule si mon régime de vie n’avait pas été agrémenté de quelques années en Amérique Latine ?  J’aimais heureusement Bach et ses contrepoints, cette profondeur duale et rythmée qui m’avait peut-être fait percevoir d’autres horizons que ceux de la répétition de mon quotidien. Au-delà de mes jours, il y avait d’autres espaces. On ne peut sans doute avancer qu’un tout petit peu vers l’absolu pendant notre humaine condition. Je m’y étais le mieux engagé que je pouvais, préludes et fugues à l’oreille et Eldorados latinos en vue.
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Il se passe des choses bizarres

Le public se leva bientôt pour se retrouver autour du buffet ou faire la queue avec un livre à la main en quête d’une dédicace des auteurs. La grande blonde semblait aussi esseulée que moi.
– Vous parlez français ? me dit-elle abruptement.
– Cela m’arrive, répondis-je.
Elle avait un regard fiévreux comme quelqu’un qui vivrait dans la clandestinité. Elle regarda autour d’elle avant de parler puis cloua son regard dans le mien.
– Pourquoi dites-vous que ça vous arrive si vous êtes français ? Vous habitez ici depuis longtemps ? Je ne vous ai jamais vu.
– Non, je suis en vacances.
– Moi, j’ai préféré partir à la campagne. Vous savez, il se passe des choses bizarres ici.
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La dernière recherche de Jim

« En 2012, à 58 ans, vingt-cinq ans après mon doctorat, je commençai une dernière recherche, que je dédiais… à la mort.
Elle débuta par une rencontre.
Les rapports entre la mort et le Sentier Lumineux sont étroits. Maintenant que j’observe la quête que devint petit à petit ma dernière recherche, je me dis que la décision de l’entreprendre fut mon premier acte de liberté.
Plus je vieillissais, plus j’aimais me promener sur le bord de mer. J’allais régulièrement sur le Malecón Císneros, à Miraflores, où, du haut des falaises, on embrasse l’océan Pacifique. »
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Bouddhisme quantique

L’individu qui ferait la synthèse entre le bouddhisme et la physique quantique ne ferait-il pas alors un grand pas vers la connaissance ? C’était précisément la conclusion du Livre tibétain de la vie et de la mort : « Lorsque je pense à la remarquable explication de la réalité que propose David Bohm, je suis tenté de m’interroger sur ce que pourrait découvrir un grand savant qui serait en même temps un pratiquant spirituel réellement accompli, formé par un grand maître. Qu’est-ce qu’un savant et un sage, Longchenpa et Einstein tout à la fois, aurait à nous dire sur la nature de la réalité ? »
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A bientôt Jim


Nous refermons Il est mort Jim, avec la lecture dimanche dernier de ses dernières lignes.
Il est disponible sur Iggy book https://marc-boisson.iggybook.com/fr/ et en lecture gratuite
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Je réponds à une question

J’ai pu lire fugacement une question sur Facebook, avant qu’elle ne disparaisse.
Son sens général portait sur le fait étrange d’écrire sur la mort alors que notre société occidentale en parle le moins possible.
Il me semble, en premier lieu, que le sujet est d’autant plus occulté qu’il est obsessionnel. Le narrateur de Il est mort Jim estau début du livre, un agnostique qui a peur de la mort et le chemin qu’il va parcourir va transformer totalement sa vision.
C’est un chemin vers la vie et c’est d’elle dont parle le roman, celle d’après la mort.

La page contact de ce site est à la disposition de tous ceux qui le souhaitent. Je répondrai avec plaisir.
Marc Boisson

 

 

IeMJ Lecture Episode 141-Chap 20

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IeMJ Lecture Episode 139-Chap 20

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Synergies

Je fais la supposition que nombre d’entre nous pensent au M. Jourdain de Molière, qui faisait de la prose sans le savoir, lorsqu’ils agissent à leur insu. Voilà que je faisais sur ce site de la multimodalité sans le savoir.
Je suis très fier que des chercheurs aient inclus mon expérience dans leurs travaux. Très heureux d’avoir été invité à la grande université mexicaine qu’est l’Unam pour un long témoignage. Très touché aujourd’hui par l’article signé par Maria Lucia Claro Cristovão, professeure à l’Université Fédérale de São Paulo – Unifesp.
Il paraîtra dans la revue Synergies dans quelques semaines sous le titre « Lectures littéraires multimodales en classe de français langue étrangère ».
En voici quelques extraits :

[…]Avec la mise en ligne de ses romans Il est mort Jim et Vox Latina, l’écrivain français Marc Boisson potentialise les possibilités de lecture d’un texte littéraire qui était déjà fort, original et pluriel dans sa version imprimée. Insérée dans un environnement virtuel marqué par la multimodalité […] et construit par l’écrivain lui-même, la publication numérique de ces romans ouvre de nouvelles possibilités pour la didactique de la lecture littéraire multimodale en cours de FLE. […].Depuis 2014, l’écrivain français Marc Boisson met à la disposition de ses lecteurs la version intégrale de deux de ses romans : Il est mort, Jim (2014), publié sur son site Internet et Vox Latina (2002), publié sur la page facebook dédiée à l’ouvrage. L’auteur a ainsi transposé la version imprimée de ces deux romans sur un espace numérique marqué par la « multimodalité ». Ce concept de multimodalité a été redéfini et développé par les chercheurs G. Kress et T. Van Leeuwen (2001, 2006) à partir des travaux de M. K. Halliday (1978) et fait référence à la présence dans un texte de différents modes sémiotiques (langue écrite, langue orale, images fixes et mobiles, sonorités, musique…) qui interagissent dans la construction du sens. […] Avant d’analyser comment la construction du sens du texte littéraire se retrouve transformée par l’environnement multimodal créé par l’auteur, nous allons tout d’abord nous pencher sur les caractéristiques stylistiques de ces deux romans dans leur version imprimée et donc monomodale, c’est-à-dire, constituée d’un seul mode sémiotique – dans ce cas, le texte écrit. Plusieurs raisons nous ont menés à choisir ces deux romans pour travailler le texte littéraire en classe de FLE à partir d’une approche subjective.  En voici quelques-unes : un auteur qui crée des « espaces » dans son texte, qui laisse des espaces à compléter, qui évite l’évident, qui surprend constamment le lecteur ; un texte littéraire pluriel et multifacette ; un texte qui incite à l’interprétation, qui sollicite l’intervention et la participation du lecteur pour la construction du sens. Il y a dans les romans la présence de ces « tensions » nécessaires (GERVAIS, 2006) pour rendre possible le passage à un degré plus approfondi et plus enrichissant de lecture. Autrement dit, nous disposons de tous les éléments nécessaires pour passer du niveau de compréhension à celui de l’interprétation ; un procédé de narration original et surprenant, avec une alternance des plans d’énonciation et un recours fréquent au discours indirect libre ; un récit également pluriel dont l’ordre n’est pas chronologique ; des effets de surprise, l’inattendu dans le fond et dans la forme, de l’humour. Il s’agit par conséquent de textes littéraires qui incitent le lecteur à créer des images mentales non seulement à partir de l’univers proposé et décrit dans l’œuvre mais aussi à partir des « espaces » à compléter qui sont créés par l’auteur. Ces deux romans de Marc Boisson favorisent ainsi le développement de plusieurs activités fictionnalisantes (LANGLADE) chez le lecteur-sujet, notamment la « concrétisation imageante » dont parle Paul Ricoeur.[…] Dans la publication multimodale des romans Vox Latina et Il est mort Jim, l’image n’épuise ni ne se substitue à la construction visuelle du lecteur, aux concrétisations imageantes (RICOEUR, 1984). Au contraire, elle incite le lecteur à de nouvelles créations, constructions, associations. L’image peut souvent surprendre, elle n’est pas simplement illustrative. Elle crée aussi des espaces à compléter.

Revue Synergies Brésil nº13 (à paraître)