Cette question de l’apaisement m’amena à celle de la cruauté des pratiques aztèques. À deux heures de Mexico s’étend la cité de Teotihuacán. Les pyramides qui y demeurent ne sont pas le seul indice de son inquiétante puissance. L’esplanade s’étend, immense. La chaleur, intense, se déverse sur les touristes et brûle les crânes imprudents. Jusqu’au début du seizième siècle, la pyramide du soleil rougissait aussi du sang que les prêtres faisaient couler et qui, dit-on, ne devait jamais s’interrompre. On imagine les files des prisonniers attendant d’être hissés à son sommet pour le sacrifice. Des milliers de condamnés pouvaient aisément y être parqués. On a peine à accepter l’idée qu’ils attendaient des heures, peut-être des jours, sachant qu’à chaque pas, un être humain, au bout du sinistre cortège, était mis à mort. De quoi pouvaient-ils parler ? Quelles étaient leurs pensées ?

Marc Boisson, Ça n’intéresse personne, Ezema
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