Le Chiapas, vous en avez sans doute entendu parler. Un des derniers révolutionnaires de la zone, le Sous-commandant Marcos y avait déployé son armée zapatiste.
Et c’est là que se trouvent les plus beaux sites mayas : Palenque, Chichen Itza, Yaxchilán. Je vous conseille particulièrement cette dernière cité, encore assez méconnue. On y accède en bateau et la jungle cache ce joyau au dessus duquel les singes s’ébattent et que le soleil et la pluie habitent pour y multiplier la vie.

Si vous prenez le temps d’écouter les voyageurs qui ont passé du temps au Chiapas, il lâcheront le nom de Chamula.
« Il n’y a rien à Chamula mais tu dois aller à l’église ». Ce n’est pas tout à fait vrai que le village ne vaut pas un coup d’oeil. L’attitude de la population n’y semble pas la même qu’ailleurs. On y entend peu d’espagnol, les regards vous traversent. J’y ai vu des indiennes balayer un marché dans un impeccable ballet.
Mais il est certain que l’église ne ressemble à nulle autre. Une fois franchie la façade, vous ne pouvez plus vous y comporter en touriste selfie-maniaque. Un « aide-majordome » – c’est le nom qu’ils se donnent – ne vous le dira pas deux fois.
A l’intérieur, donc pas de photos. Sur le sol, des aiguilles de pin. Dans la nef, des familles agenouillées autour de chamans qui décideront si le mal nécessite de sacrifier le poulet qui gît et dont il faudra enterrer la carcasse dans la maison des patients. La lumière s’élève de milliers de bougies. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre, elles brûlent aux soins d’attentifs officiants et devant de curieux visiteurs. Sur les côtés, dans des châssis de bois et de verre, une trentaine de saints vous regardent. Ils sont tous de l’orthodoxie catholique mais ont l’expression de l’endroit. Ils vous percent de leur présence.

 

 

A la sortie de l’église, vous pouvez suivre Don S. qui vous fera une limpia (une purification) à son domicile.