Chapitre 22-3

Je ne suis allé au Père Lachaise qu’une fois et j’ai rédigé la visite de Jim au préalable. J’avais voulu y aller un mois de juillet. Cela n’avait pas été possible. Je me retrouvai en France en janvier de l’année suivante. Je m’y rendis et, tout comme je l’avais imaginé pour Jim, la journée d’hiver était étrangement ensoleillée. J’y rencontrai vraiment le chat roux dont j’avais narré la légende.
Voici deux photos à la disposition des sceptiques.

Jim a emprunté mes pas vers le Musée du Luxembourg lors de ce séjour à Paris. Quelle ne fut pas ma surprise d’y trouver L’ascension vers l’Empyrée de Jérôme Bosch ! Le mystérieux peintre hollandais y signe un saisissant récit d’Expérience de Mort Imminente.

J’ai vraiment entendu dans un songe que je m’appelais Ezema et que j’étais sur terre pour informer les hommes. J’étais à demi-éveillé. Ce n’était pas un rêve habituel. J’en fus tiré en sursaut par un message net. Je n’ai pas encore la sensation d’avoir trouvé tout le sens de ce nom. J’ai bien l’intention de continuer à chercher.

Je connais à Lima une maison aux esprits. C’est un peu celle d’Eduardo et de Gertrudis Pastor mais si j’avais narré tous les phénomènes qu’on y raconte, j’aurais pu être accusé de mauvaise fiction. On y connait les EMI ; les apparitions sont légion. Les esprits sont si familiers qu’on n’interrompe pas une vaisselle pour cela. « Entrez donc » leur dit-on. Même lorsqu’on s’est couché seul, il arrive qu’on se réveille à deux. De vieilles dames, sans doute mortes depuis longtemps, viennent se pencher au chevet des habitants, le matelas est soudain soulagé d’une forme qu’on n’avait pas vue. Les visions éthérées sont si habituelles qu’on leur demande parfois de sortir sans y prêter plus attention et on me dit qu’elles obéissent généralement.

Les deux phénomènes les plus étranges que j’ai vécus avec ce livre concernent son titre et sa fin, plus très lointaine désormais.

Au fur et à mesure que j’en écrivais les cent premières pages, la réflexion sur son titre m’accompagnait. Je l’avais constamment à l’esprit mais ne me forçais pas à une conclusion rapide, tant il est difficile de qualifier un récit avant de savoir ce qu’il sera vraiment. Je tournais autour du prénom de mon protagoniste avec « Jim n’y résistera pas » ou même « La mort de Jim ». Mon ordinateur m’apporta la réponse. Je travaillais en toute tranquillité, sans doute à la rédaction du livre, lorsque mon écran s’éteignit, devint bleuté. Aucun signe ne m’avait préparé à cette panne. Je ne m’en étonnai pas complètement toutefois car l’outil informatique est coutumier de dysfonctionnements qui échappent aux prévisions et compétences de la plupart d’entre nous. Quelle ne fut pas ma surprise de voir s’afficher au milieu de mon écran : « Il est mort, Jim ». On ne pouvait pas mieux me mettre un titre devant le nez !

Bien sûr, pour qui ne veut en démordre, il y a une explication rationnelle à ce phénomène. J’ai trouvé sur Internet qu’il s’agit d’une panne du navigateur Google Chrome, qualifiée par l’humour d’informaticiens. Comme leur spécialité et la science-fiction font bon ménage, ils ont emprunté cette phrase à la fameuse série Star Trek, dont je cite l’extrait au début de cet ouvrage. Ceci étant dit, ce phénomène ne s’était jamais présenté à moi, qui suis un utilisateur quotidien du dit navigateur, ni aux personnes que j’ai interrogées. D’ailleurs, alors que je m’interrogeais sur sa traduction en portugais – il s’avère, comme je l’ai laissé entendre, que je vis au Brésil au moment où je rédige ces lignes– le titre « Ele está morto Jim » m’apparut bientôt…