« Une vallée verte, fertile, remplie de verdure » lui apparut

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Chapitre 17-2

La seule chose qui existait pour lui désormais était la conscience. « La petite voix de la pensée rationnelle qui me suit depuis des années, ce n’est pas moi. La conscience observe cette voix. » Il avait débuté une méditation intense, de deux à trois heures par jour, « pour se connecter avec sa conscience ». « Ce que l’on finit par trouver est bien sûr connu depuis des millénaires par les méditants expérimentés, les moines bouddhistes, tous ceux qui sont capables d’explorer les fantastiques mystères de la conscience, qui sont à la racine de toute existence ». La conscience de l’homme devient unique à un niveau profond. Il s’agissait de « faire un avec le divin ». Dans ses visions comatiques, il avait senti qu’il possédait la compréhension. Tout était devenu clair. Il s’était un moment retrouvé dans ce qu’il appelait « le monde du ver de terre ». Il se rappelait un lieu enterré, sombre, fait de racines dont il n’avait pas pris peur car c’était son monde. Il ne pouvait le comparer avec son existence antérieure dont il ne gardait aucun souvenir. « De temps en temps, des faces animales surgissaient de cette mélasse ». Je pensai à Luc, qui disait avoir compris que les animaux étaient les intermédiaires entre la terre et l’homme.
Il était resté assez longtemps dans ce milieu obscur, lui semblait-il, puis une lumière blanche, faite de filaments, s’était approchée de lui en tournoyant. Elle était associée à une mélodie musicale admirable alors qu’au niveau inférieur, il avait constamment entendu un martèlement sourd, comme une enclume frappée. J’avais déjà lu des témoignages de retours d’EMI sur ces notes parfaites, au-delà de la plus belle musique terrestre. Que signifiait une magnificence supérieure aux maîtres du baroque ?
La nouvelle réalité s’était ouverte à Eben Alexander comme un trou dans l’affreuse obscurité antérieure. « Une vallée verte, fertile, remplie de verdure » lui apparut. A ce niveau, il n’avait toujours pas de conscience corporelle. Il se déplaçait « comme un point de conscience sur une aile de papillon ». Les fleurs qu’il survolait « avaient une texture incroyablement parfaite ». La « fille superbe, absolument parfaite » l’accompagnait sur l’aile de papillon, « avec un profond regard d’amour pur ». « Tu es aimé et chéri profondément pour l’éternité » ne fut pas prononcé par des mots. Il était inutile de chercher à faire quelque chose de juste. « Il n’y avait rien qu’il puisse mal faire ». Malgré ces descriptions que le pire romantisme bon marché aurait reconnues comme siennes[1], les sentiments dont il était question étaient au-delà de la romance et même de l’amour filial. Dans ce monde, le Dr Eben Alexander avait vu des âmes danser au-dessous de lui. « Des enfants jouaient, des chiens sautaient ». Dans le ciel il y avait « des nuages hurlant de couleurs ». Tout cet univers était incorporé dans sa conscience. Il ne l’observait pas, il était cet environnement. La musique incomparable était un moyen de s’élever vers les êtres qui constituaient la lumière. Dès qu’il y parvint, la vallée luxuriante disparut « comme dans un point ». « La demeure ultime des âmes » se manifesta. « Un voile masque à l’homme la pleine connaissance de cet autre côté ». Le temps avait disparu mais cette dimension avait accès au monde terrestre ce qui, selon le docteur, expliquait les collisions entre ces mondes, à travers les EMI par exemple ou les expériences de vie antérieure ou les contacts avec les défunts. « Tout cela est réel ». Il l’appela « le cœur » la demeure supérieure du divin. Il y avait là « une conscience de l’infini et de l’éternité ». La sphère de lumière était comme « un traducteur ou un interprète ». Il reçut l’information qu’il n’était pas là pour rester. Il devait retourner sur terre pour enseigner. « Le plus grand don de ce divin aimant était le libre-arbitre » qui crée sur terre des parcelles de mal. Le nom qui retentissait dans ce stade ultime de la conscience, dans le cœur, cette « noirceur d’encre remplie jusqu’à l’aveuglement par la lumière brillante de la sphère, servant de traducteur pour toutes ces leçons qu’il recevait », était « om ». Le Dr Alexander était arrivé à la conclusion que l’étincelle de conscience en chacun des êtres humains n’était pas créée par le cerveau. En cela, il rejoignait complètement un autre scientifique duquel j’ai déjà parlé, le Dr Charbonier. L’amour pur, le pardon, étaient le moyen de faire élever nos âmes.

[1] C’est l’auteur qui parle
Conf Papas et pommes 25-11