La mention dominicale lui fut sans doute suggérée par une cloche dont le son s’immisça dans sa bibliothèque, à laquelle je me doutais que ses livres faisaient volontiers place. C’était comme si l’église voisine l’appelait, lui qui était si près de la quitter pour l’orthodoxe. Elle avait raison, elle était en train de perdre un de ses meilleurs éléments. Quelle anomalie que cet homme, qui parlait si bien de l’eucharistie, n’en soit jamais l’acteur ! Nul doute que s’il avait eu un diocèse, ses prêches auraient été anthologiques. Le Vatican le laissait parler, comme il aimait à le dire, mais peut-être voulait-il étouffer le génie du prêtre par son indifférence. L’église n’est pas avare de subtilités, lui non plus, qui sans nul doute avait tôt préféré la liberté.
Marc Boisson, Ça n’intéresse personne, manuscrit
#çaninteressepersonne