Je retrouve un vieux manuscrit que j’avais perdu et il n’est plus le même. C’était l’époque où on utilisait encore sa main pour écrire, alors il a un peu jauni. Et son contenu a aussi changé. Un paragraphe s’est ajouté, des fautes d’orthographe sont apparues. C’est un autre texte, une autre personne qui l’a rédigé.
J’aime bien l’idée que le seul passé immuable est celui qu’on a récréé. Celui qu’on a laissé derrière soi n’est pas le même.

 

Ce pont de bois, à la beauté moussue et vermoulue, existe-t-il dans mon imagination ou l’ai-je laissé tel quel, un jour, quand je l’ai emprunté et gravé dans ma mémoire ?