De retour en France, j’ai repris l’écoute des nouvelles. Les grèves m’y ont conduit, si on peut dire. Il faut bien savoir le matin à quelle sauce d’absence de transports on va être mangé.
Les entretiens des journalistes avec les hommes politiques, après un sevrage volontaire de plusieurs années, et que je reprendrai sans doute bientôt, m’impressionnent et m’amusent. L’Ecole Nationale d’Administration ou ses proches succédanées sont passées par là. Le verbe est habile, bien huilé. Il est « agrémenté » d’une béquille dont je ne me souvenais plus. Régulièrement, l’homme ou la femme politique interpelle son interlocuteur par son nom complet : « Mais Alicaste Décapant, bien sûr Nala Petitsalé, vous voulez dire, Abdallah Debout, que… ». Hormis le fait qu’en Amérique Latine ce serait chose impossible car les noms de famille sont tellement longs que leur mention répétitive ne laisserait aucune autre place à l’interview, quelles sont les vertus de ces éléments de langage, me demandè-je ? Une reprise de souffle, la recherche de complicité avec son vis-à-vis, un meilleur ciblage des vindictes ?