Je n’aime pas les sports d’hiver. Et d’ailleurs je ne comprends pas les gens qui font semblant de trouver ça étrange. Parce qu’enfin, je ne vois pas ce qui plaide en faveur de la transhumance hivernale. D’abord, les stations sont moches, déprimantes même ; ces chalets, mélange de bois et de fer, ces appartements à l’odeur de moisi où s’entassent les joyeux ovidés dans des conditions qu’ils ne souffriraient pour rien au monde dans d’autres circonstances. Et le sommet, si l’on peut dire, sont les remonte-pentes. Les files d’attente, au milieu de gens en dangereux déséquilibre, brandissant leurs bâtons sans vergogne et toujours prêts à enfoncer leurs skis dans ceux de leurs malheureux congénères, avant d’être happés par la chose métallique. Quelle belle image de l’inutilité !
Marc Boisson, Vox Latina, version complète
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