Lisez le manuscrit complet de Il est mort, Jim – 5

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Plaza Francia Lima

Chapitre 2 – 4

Je profitai de ma situation d’étranger et de ma réputation gauchiste anticonformiste pour l’inviter informellement à manger un menu dans un petit restaurant proche de la Plaza Francia. Elle perdit peu à peu sa méfiance. Je la fis parler de sa famille. L’être humain aime discourir sur lui-même, on le constate tous les jours. María Aparecida, c’était son nom, commença à s’épancher sur ses enfants et en vint naturellement à son mari.

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colectivos Lima

Chapitre 2-3

Lima, de fait, devenait indienne. Les « cholos », comme les créoles blancs appelaient les indiens descendus de la montagne, s’installaient tout autour de la ville sur les collines désertiques. Cela se passait toujours de la même façon : un groupe de villageois décidait de partir, effrayé par les raids des sentiéristes et des militaires. Ils s’arrangeaient pour arriver la nuit à l’endroit choisi, sans doute indiqué par des parents ou des connaissances déjà dans la capitale. Ils s’y installaient sans autorisation.

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Ayacucho Pérou

 

Chapitre 2-2

Ayacucho, capitale de la province de Huamanga, la ville aux 33 églises coloniales, avait eu le malheur d’accueillir, dans les années 70, le Professeur Abimael Guzmán. Diplômé en philosophie, celui-ci partit d’Arequipa pour enseigner à l’université d’Ayacucho. Il y créa le mouvement maoïste, dont les actions suivraient les traces sanglantes des Khmers rouges du Cambodge. Une mouvance d’inspiration étrangère, mais se disant messianique, qui perpétuerait en fait la domination des blancs créoles sur les indiens. La majorité des dirigeants du Sentier Lumineux, à l’instar d’Abimael Guzmán, étaient des intellectuels citadins de race blanche.

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PUC Lima Illustration épisode Il est mort, Jim

Chapitre 2 – 1

A 58 ans, en 2012, j’avais décidé, de mener une dernière recherche. J’étais professeur d’histoire. On me disait assez populaire auprès des étudiants et quelque peu atypique pour les canons de la Pontífica Universidad del Perú, la PUC. J’avais choisi, auparavant, pour mon doctorat, de travailler sur le Sentier Lumineux. On était à la fin des années 1980 et c’était un fait d’actualité.
Dans ma jeunesse, à une époque où ce n’était pas très courant, j’étais un peu le globe-trotter de sa famille. En 1976, j’avais quitté Paris pour Lisbonne, où j’avais obtenu un Master d’histoire. Ensuite, j’étais allé à Barcelone, où j’avais travaillé comme serveur, puis m’étais retrouvé à Sydney où j’avais trouvé un emploi de répétiteur auprès des enfants d’un diplomate.

L'auteur place Matriz du Callao Lima à l'endroit où est mort Jim.

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Chapitre 1 – 1

Je m’appelais Jim, Jim Rosso. Je suis mort à l’âge de 83 ans, au pied d’un arbre, sur une place de Lima, au Pérou. Avant de décrire le tableau peu conventionnel de la situation, j’aimerais dire, et sans jeu de mots, quelques mots sur mes racines. Ma famille est d’origine italienne. Aldo Rosso, mon grand-père, n’avait pas émigré pour des raisons politiques. Que peut l’amour du pays contre les nécessités économiques ? J’étais né Jérémy puis, je ne sais par quel hasard familial ou scolaire, on avait pris l’habitude de m’appeler Jim. Ça me plaisait.