Manuscrit

« Des fleurs et des couleurs, des jeux de hauteur. Des pins qui regardent des arbustes qui contemplent des haies qui s’étonnent que les fleurs ne se soient pas mises au vert. Le jardin de San Jacinto prépare à la découverte de la place des Archanges. Les bougainvilliers s’y précipitent à vous comme des nuages un jour d’orage, les bancs en pierre doivent être cherchés sous la superposition des branches. Elles tiennent secrètes les pierres. Qui les trouve ne veut plus s’en lever. »

Plaza de los arcángeles – San Angel – Mexico

Faux taux

Pourquoi la moitié de l’humanité prend-elle l’autre en photo ?

La preuve

Pour ceux qui ne le connaissent pas, le Père Brune a travaillé pendant des décennies sur la communication avec les morts. Il est décédé en janvier, non sans avoir dit à son ami Jean-Jacques Charbonier qu’il lui enverrait des message de l’au-delà. Il vient de le faire. On reconnait sa voix que j’ai souvent écoutée dans les interviews que l’on trouve sur Internet. Les mots qu’il emploie lui ressemblent également : « c’est vrai », « faire des prières », « notre père » , « changer de vie ». On a des raisons de penser que le protocole mis en place est tout à fait sérieux. De quelle autre preuve de la vie après la mort a-t-on besoin ?

Juger

“Juger c’est évidemment ne pas comprendre puisque, si l’on comprenait, on ne pourrait plus juger” André Malraux

Ca sentait le tabac des nuits sans sommeil

« Elle saisit sans effort sa lourde valise. Son imperméable à la main, elle descendit les marches du train. Ensuite, face à ce quai de Strasbourg qu’elle connaissait si bien, elle s’arrêta. Son combat intérieur était assez bien incarné par ce lieu, qu’elle aimait et détestait à la fois. Un endroit froid, battu par les vents et empli de bruits stridents. Ca sentait le tabac des nuits sans sommeil et c’était aussi le point névralgique de leur histoire. Elle pressentait déjà quel souvenir il deviendrait pour tous les deux. »
http://www.marcboisson.fr/vox-latina-version-complete/ 
#voxlatinamarcboisson



Le temps n’existe pas ?

En effet, je ne l’ai pas trouvé pour penser à une chronique cette semaine.

Un nouveau passage à Lima m’a permis de reprendre l’écriture. Je ne comprends pas totalement pourquoi ce pays est si lié à mes réflexions littéraires, même lorsque le roman se déroule dans un autre pays – cette fois au Mexique…

Qu’on en juge

On ne s’en était pas mal tirés.
Ma femme n’avait pas lutté contre le sommeil depuis le départ de nos amis pour rien. Leur évaluation était tombée au son de la notification tant attendue de l’application Eat at home advisor. Le repas était gratifié d’une note approchant l’excellence. Nos invités avaient écrit dans la case prévue à cet effet que la perfection aurait été atteinte si notre petit garçon n’avait pas soudain crié depuis sa chambre. Nous nous étions précipités pourtant et leur avions expliqué qu’il avait fait un mauvais rêve que nous avions aussitôt calmé…
Le lundi, j’arrivai en retard au travail. C’était ma faute. Le concierge ne put m’ouvrir la porte car je n’avais pas entré sa note du week-end sur l’application Open the door.

Pour le reste, la semaine se déroula sans heurts. Je pus me rendre à tous mes rendez-vous extérieurs contrairement à la semaine antérieure où une note trop basse sur Hi Cab m’avait tenu éloigné de tous les taxis de la ville. Je ne pouvais m’en prendre qu’à moi. L’application m’informa que je devais cette note éliminatoire à un silence aussi récurrent que prolongé dans les taxis. Elle me proposa une seconde chance le vendredi. Je fus disert, souriant et généreux avec le chauffeur qui m’attribua des points qui me permirent de repasser au-dessus de la barre de l’élimination.
Je pus même perdre quelques grammes car mes repas durent se dérouler sans dessert. Je n’eus pas le temps d’en commander dans les deux restaurants où je me rendis car je passais trop de temps à rédiger sur Tripes Counselor l’évaluation obligatoire de l’entrée et du plat de résistance qui déclenche la possibilité de demander la partie sucrée.
J’eus le dimanche une longue conversation téléphonique avec mon frère. Il s’en déclara satisfait dans le questionnaire en ligne Yellow Quality of services.
Mon grand-père mourut mais ma grand-mère m’informa que l’enterrement avait été bien évalué sur Cemetery App.

Synergies

Je fais la supposition que nombre d’entre nous pensent au M. Jourdain de Molière, qui faisait de la prose sans le savoir, lorsqu’ils agissent à leur insu. Voilà que je faisais sur ce site de la multimodalité sans le savoir.
Je suis très fier que des chercheurs aient inclus mon expérience dans leurs travaux. Très heureux d’avoir été invité à la grande université mexicaine qu’est l’Unam pour un long témoignage. Très touché aujourd’hui par l’article signé par Maria Lucia Claro Cristovão, professeure à l’Université Fédérale de São Paulo – Unifesp.
Il paraîtra dans la revue Synergies dans quelques semaines sous le titre « Lectures littéraires multimodales en classe de français langue étrangère ».
En voici quelques extraits :

[…]Avec la mise en ligne de ses romans Il est mort Jim et Vox Latina, l’écrivain français Marc Boisson potentialise les possibilités de lecture d’un texte littéraire qui était déjà fort, original et pluriel dans sa version imprimée. Insérée dans un environnement virtuel marqué par la multimodalité […] et construit par l’écrivain lui-même, la publication numérique de ces romans ouvre de nouvelles possibilités pour la didactique de la lecture littéraire multimodale en cours de FLE. […].Depuis 2014, l’écrivain français Marc Boisson met à la disposition de ses lecteurs la version intégrale de deux de ses romans : Il est mort, Jim (2014), publié sur son site Internet et Vox Latina (2002), publié sur la page facebook dédiée à l’ouvrage. L’auteur a ainsi transposé la version imprimée de ces deux romans sur un espace numérique marqué par la « multimodalité ». Ce concept de multimodalité a été redéfini et développé par les chercheurs G. Kress et T. Van Leeuwen (2001, 2006) à partir des travaux de M. K. Halliday (1978) et fait référence à la présence dans un texte de différents modes sémiotiques (langue écrite, langue orale, images fixes et mobiles, sonorités, musique…) qui interagissent dans la construction du sens. […] Avant d’analyser comment la construction du sens du texte littéraire se retrouve transformée par l’environnement multimodal créé par l’auteur, nous allons tout d’abord nous pencher sur les caractéristiques stylistiques de ces deux romans dans leur version imprimée et donc monomodale, c’est-à-dire, constituée d’un seul mode sémiotique – dans ce cas, le texte écrit. Plusieurs raisons nous ont menés à choisir ces deux romans pour travailler le texte littéraire en classe de FLE à partir d’une approche subjective.  En voici quelques-unes : un auteur qui crée des « espaces » dans son texte, qui laisse des espaces à compléter, qui évite l’évident, qui surprend constamment le lecteur ; un texte littéraire pluriel et multifacette ; un texte qui incite à l’interprétation, qui sollicite l’intervention et la participation du lecteur pour la construction du sens. Il y a dans les romans la présence de ces « tensions » nécessaires (GERVAIS, 2006) pour rendre possible le passage à un degré plus approfondi et plus enrichissant de lecture. Autrement dit, nous disposons de tous les éléments nécessaires pour passer du niveau de compréhension à celui de l’interprétation ; un procédé de narration original et surprenant, avec une alternance des plans d’énonciation et un recours fréquent au discours indirect libre ; un récit également pluriel dont l’ordre n’est pas chronologique ; des effets de surprise, l’inattendu dans le fond et dans la forme, de l’humour. Il s’agit par conséquent de textes littéraires qui incitent le lecteur à créer des images mentales non seulement à partir de l’univers proposé et décrit dans l’œuvre mais aussi à partir des « espaces » à compléter qui sont créés par l’auteur. Ces deux romans de Marc Boisson favorisent ainsi le développement de plusieurs activités fictionnalisantes (LANGLADE) chez le lecteur-sujet, notamment la « concrétisation imageante » dont parle Paul Ricoeur.[…] Dans la publication multimodale des romans Vox Latina et Il est mort Jim, l’image n’épuise ni ne se substitue à la construction visuelle du lecteur, aux concrétisations imageantes (RICOEUR, 1984). Au contraire, elle incite le lecteur à de nouvelles créations, constructions, associations. L’image peut souvent surprendre, elle n’est pas simplement illustrative. Elle crée aussi des espaces à compléter.

Revue Synergies Brésil nº13 (à paraître)

Le paysage défilait devant ses yeux

« Le paysage défilait devant ses yeux. Elle n’aurait pas voulu interrompre ce voyage, même si ses couleurs n’étaient pas celles de la joie. Elle savait que ce gris infini était la première image qui impressionnait les Latino-américains en arrivant en Europe. Les vieilles maisons en pierre aux portails remplis de lierre, aux lourds escaliers en fer et aux toits en ardoise – desquels les Français sont si fiers, signifiaient pour eux une austérité remplaçant implacablement les jours insouciants. »

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Ca bouge ?

Défense de l’environnement ou gros salaire ? Des étudiants de grandes écoles ont choisi.

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