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Pour l’après-midi passé à l’église Santa Imaculada, par exemple, ils ajoutèrent un commentaire qui expliquait que l’Armée envoyait ses amazones pour lutter contre la pauvreté. Au même moment, défilaient les images de la grosse Gómez de Morales marchant avec précaution au milieu des détritus du quartier populaire.Folie de jeunesse. Les deux apprentis-cinéastes étaient si heureux de leur blague qu’ils n’en prévirent pas les conséquences…
Jamais Jim n’avait imaginé que le film serait présenté avec une telle pompe au ministère de la Défense. La grande salle du cinéma était décorée de drapeaux bleus et blancs. On aurait dit que la nation entière attendait ce moment.

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Tirs vers le bas

La haine a aussi ceci d’étrange qu’elle conduit celui qui la porte à accepter de se punir lui-même en l’exerçant contre l’autre.
La politique est un terrain privilégié de ce phénomène. Des élections récentes ou antérieures le montrent. Nombreux sont ceux qui préfèrent le pire des systèmes, populisme musclé ou dictature dont l’histoire du vingtième siècle ne nous a pas épargné les dramatiques épisodes, pourvu qu’elle écrase la partie honnie de la population.
Et cette détestation n’est-elle pas fabriquée de toutes pièces ?

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Le village que mon père a choisi convient à une semi-retraite. Situé à quelques kilomètres de Perros-Guirec, il domine la mer, inaccessible aux marées mais plus souvent qu’à son tour battu par les vents.
Le soir de mon arrivée ne fait pas exception. Ce n’est pas pour me gêner. La rudesse des éléments n’est pas dérangeante en Bretagne. Sa constance est au contraire un signe d’intégrité. Si on exclut la tempête de 1999, qui a d’ailleurs touché toute la France, je n’ai jamais vu en Bretagne de déchaînements subits, de tempêtes sournoises et dévastatrices, comme les tropiques savent si bien en produire.

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Fragments d’un livre qui n’existera pas

Je renonce à l’écriture de mon manuscrit Les mondes parallèles. L’intention de ce roman est contredite par les faits. Je réunis ses bribes pour un autre texte.

Un paragraphe que le temps emportera :

Puisque la vie est un roman et que les miens constituent la mienne, je reprends le dernier épisode de mon existence. J’y avais commis un meurtre[1]. En compagnie du personnage de mon livre, j’avais accompli un voyage dont on ne revient pas. La mort était celle de nos certitudes matérialistes. Nous avions commencé à explorer celles dont justement il retourne, les Expériences de Mort Imminente. A 58 ans, dans la grande maturité de sa carrière universitaire, mon narrateur avait décidé d’effectuer une dernière recherche. Même à l’Université Catholique de Lima, on ne pouvait encadrer son projet. Seul un directeur de conscience aurait pu le guider. Je lui emboîtai le pas. 

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L’équilibre était cependant fragile. La clémence des gardiens souffrait de subites dépressions et avait besoin d’encouragements réguliers. Lorsque les dons que parvenaient à récolter les détenus étaient jugés peu à même de soutenir le moral chancelant des cerbères, ceux-ci leur indiquaient leur mécontentement par des signes discrets. Des blessures apparaissaient soudain sur les prisonniers que les gardiens invitaient à une petite conversation dans de discrètes salles de garde. Les cachots obscurs se remplissaient et les promenades avaient la fâcheuse tendance à se faire plus rares.

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Plus je vieillissais…

Il est mort Jim a visité Lima en compagnie d’une lectrice qu’il apprécie tout particulièrement. Elle nous envoie des photos. Merci à elle ! Quand la fiction crée la réalité.

« Plus je vieillissais, plus j’aimais me promener sur le bord de mer. J’allais régulièrement sur le Malecón Císneros, à Miraflores, où, du haut des falaises, on embrasse l’océan Pacifique. »

« Je me vis sur la falaise de Miraflores, marchant d’un parc à l’autre, comme je le faisais souvent, observant le Boeing dans lequel je volais. Le ciel en haut des Andes était dégagé. »

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La route a la vertu de me faire oublier toute préoccupation. Un objectif précis, qui fixe l’attention, des gestes mécaniques mais requérant néanmoins de l’adresse, voilà qui me convient parfaitement. Au volant, j’ai presque l’impression que les hommes sont bons et que leur vie a un sens. Une radio, quelques cigarettes, pas de passager, c’est encore mieux, et je me sens bien.On n’a pas si souvent l’occasion, en dehors des voyages, de songer sans être interrompu.

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Satish Kumar

« Personne ne devrait être obligé de travailler plus de 4 heures par jour. Le reste du temps devrait servir à nourrir son esprit, son âme, son imagination et sa créativité. »
Satish Kumar, La sobriété heureuse
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Dans le vieux canapé du bureau de Colette Petitmars qui me sert de lit improvisé, j’ai du mal à trouver le sommeil. J’essaie de faire de ma rencontre avec Inès une réalité, me raccrochant aux mots de mon ancienne professeur. Mais il est des occasions où la réalité refuse de se conformer aux plus âpres désirs.
Les souvenirs que j’ai gardés sont tous issus du film de Jim. Après que Colette se soit couchée, j’interroge mon vieil ami. Pas de doute : la gare, la petite rue près de la cathédrale, la brasserie appartiennent à l’imaginaire de Jim et ont constitué ses lieux de tournage.

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Devant les preuves

Si l’on observe les faits, la posture de l’incrédulité systématique n’est-elle pas absurde ?