Luz

Il est des souvenirs dont on peut s’emplir quand ils sont encore au présent. On les emporte alors peut-être avec soi et ils se substituent à la nostalgie. Mes pas au Mexique sont depuis quelques mois rythmés par cette sensation. Le départ du pays n’est plus si lointain mais il y a sans doute une autre explication, de l’ordre, me semble-t-il, de la force des images que le lieu inscrit.

Je me souviendrai des bains de lumière matinaux de cet appartement

Vox Latina

Je n’aime pas les sports d’hiver. Et d’ailleurs je ne comprends pas les gens qui font semblant de trouver ça étrange. Parce qu’enfin, je ne vois pas ce qui plaide en faveur de la transhumance hivernale.

Bach

Il explique : « C’est pour cela que le but ultime et le propos final de toute musique est de louer Dieu et la récréation de l’âme. Si l’on ne prend pas cela en compte, il n’y a donc pas de vraie musique mais plutôt un vacarme et un bourdonnement diaboliques ». Derrière ces généralisations on trouve la supposition, si ce n’est pas à proprement une affirmation, que sa musique, dédiée à « honorer Dieu », devait donner lieu au « délice permis de l’âme » de ses musiciens comme de ses auditeurs, comme si, comme le suggère Butt, « il y avait une connexion mécanique entre une intention de composition religieuse et un effet profane, terrestre ». C’était une autre manière, dont s’est prévalue Bach, d’affirmer l’unité des natures physiques et spirituelles [ …]
John Eliot Gardiner, La música en el castillo del cielo, Acantilado 2005 Traduction MB

Vox Latina

Le temps s’écoule au rythme des habitudes retrouvées. Je me sens plutôt stationnaire, comme un convalescent qui n’intéresse plus personne parce qu’on le sait tiré d’affaire. Je partage mon temps entre mon travail qui continue à m‘intéresser, les lectures, la course à pied et les courtes visites chez mes amis aux quatre coins de la France et quelque-part en Europe.

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Amis-mi

C’est formidable. On retrouve des amis sur les réseaux sociaux. On ne s’était pas revus depuis des années et voilà qu’on peut de nouveau passer du temps ensemble. Ils habitent à Sydney et nous à Santiago. Ce n’est pas grave. On échange sorties, croissance des petits, quelques idées du monde qui va mal. On éprouve des émotions communes, fortes, hautement authentiques :

Et parfois patatras. On ne dépasse pas la simple confirmation d’amitié. On s’est reconnus, on a échangé un petit coucou avec le bouton dédié et puis plus rien. Qu’est-il arrivé ? Notre ligne d’amis est-elle trop fournie ? Nous n’avons pas assez d’heures à leur consacrer ? On croyait se manquer et on ne s’était pas vraiment cherchés ?
On découvre l’évidence : les échanges diminuent au fur et à mesure que les canaux s’ouvrent et que leur nombre s’accroît. La multiplicité des interlocuteurs est inversement proportionnelle à la profondeur de la communication. La conversation en tête-à-tête, puis la lettre, l’e-mail, le post, et enfin le message, la photo, la vidéo instantanés.
La prochaine étape, l’ultime expression de l’amitié : l’émoticône instantané qui disparaît aussitôt vu ?

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Qu’est-ce que vous en pensez ?
– …Vous savez, je n’ai pas beaucoup changé d’avis depuis cette époque. Je pense toujours qu’il y a un grand malentendu. Les hommes ne se comprennent pas parce qu’ils ne peuvent pas se comprendre. Peut-être que la seule voie qui reste, c’est de se parler à soi-même. D’ailleurs c’est exactement ce que je fais en ce moment.


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La vie qu’on s’invente

Il est désormais tout à fait possible de réaliser un voyage virtuel. Je peux créer un blog consacré par exemple à mon périple au Mexique, sans y avoir jamais mis les pieds. J’y établirais mon itinéraire grâce à Google maps, mes photos tirées de Pixabay, mes menus copiés de Tripadvisor, mes vidéos de Youtube, mes souvenirs achetés sur Amazon…
L’univers fictionnel est friand des réseaux sociaux. De même que le cinéma embellissait seul la vie réelle des amateurs d’écran d’avant Internet, qui nous dit que leurs usagers ont vraiment adoré les lieux qu’ils ont liké ? Sur Facebook, la publication d’un autoportrait déclenche un automatique et obligatoire commentaire sur la qualité de l’esthétique de la personne. Dans la vraie vie, on est rarement gratifiés des mêmes éloges avec une simple apparition de notre face auguste. Est-ce la raison pour laquelle nous étalons notre existence sur les réseaux sociaux ?

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Le maire sortant, nous devions l’apprendre le lendemain par les journaux, avait surtout été battu par l’abstention. Seulement 23 % de la population s’était déplacée pour voter. La démocratie triompha pourtant, et de manière éclatante quand, quelques jours après les résultats, le vaincu voulut annuler les élections, prétextant que le pourcentage des votants était inconstitutionnel, et que le Bureau National des Elections s’y opposa.

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Soyons négatifs

Une étrange initiative, celle de deux Belges, qui lancent le défi « j’arrête de me plaindre pendant un mois ». Quelle idée saugrenue ! Que va-t-il nous rester ? De quoi entendrons-nous parler ? Parce que tout de même, les choses ne vont pas bien. Il fait chaud en été, froid en hiver, nos voisins font trop de bruit, le temps passe !

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Comme dans une séquence de films, au moment même où elle descendit du wagon et mit le pied sur le sol glacé, elle l’aperçut derrière un groupe de voyageurs, à quelques mètres, qui s’éloignait. Il resta seul, immobile, l’observant.

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