L’alignement

Dans la très grande ville où j’habite, des arbres m’accueillent au détour d’une piste de course. Un arbre en particulier. Rien en lui n’est attirant. Ses feuilles éparses et sa hauteur témoignent de sa lutte déjà ancienne pour une survie qui n’est pas assurée dans le monde que nous avons fait. Malgré nos voitures, nos cheminées industrielles, il est toujours là.
Je me suis assis une première fois contre son tronc et j’ai découvert qu’il avait un secret. Lorsqu’on prend la peine de s’appuyer sur lui, devant nous apparaît un couloir de verdure soigneusement agencé. Au loin, au centre exact du regard où il nous conduit, il y a un autre arbre, parfaitement placé au milieu de deux branchages. L’alignement est idéal pour la méditation.

Cette vision est pour moi la matérialisation d’un équilibre nécessaire à une joie fondamentale. J’associe l’alignement à la vision. Je le « vois » comme une image qui, floue, acquiert petit à petit sa netteté. Sans doute sommes-nous nombreux à ressentir la même chose ?
Quand nous sommes alignés, nous le savons aussitôt. Alors tout devient simple et juste. Quand nous sommes dans le flou, quand « les branchages » qui nous font face sont chaotiques, la lourdeur s’installe, et avec elle l’impression d’être littéralement à côté des choses.

Les mondes parallèles

Les toutes premières lignes du nouveau roman dont j’ai débuté la rédaction.
J’avais terminé Il est mort Jim à Lima. J’y commence celui-ci. Ces mots sont aussi provisoires que son titre actuel, « Les mondes parallèles ».

Dieu punissait-il l’insolence ? C’était loin de l’image que j’avais reconstituée des décombres de mon incroyance. Le décollage avait été immédiat pour un itinéraire bien tracé. J’avais tout prévu, tout écrit.
L’avion s’était d’ailleurs arraché du sol. Je vivrais mes dernières années guidé par un agenda dont j’avais fait un roman. Je n’avais rien laissé au hasard au moment où je ne croyais plus en lui. J’étais en fin de missions, de celle qui m’enlevait du Mexique, de 35 années de vie professionnelle, d’un chemin personnel qui avait débuté six années auparavant.

 

 

 

 

Lima, 6 janvier 2018

AKASHA

Il y aurait un cinquième élément, l’akasha.
Toutes les mémoires de l’humanité et de chaque individu seraient contenues dans cet éther, la signification de ce mot sanscrit. Dans l’Hindouisme, l’akasha crée les quatre autres éléments. Pour Carl Jung, il s’agit de l’inconscient collectif.
Les annales akashiques seraient protégées par des êtres de lumière et nos guides nous permettraient d’y accéder. Pour cela, il est dit que nous devons élever nos vibrations. La physique quantique, elle-même, définit l’univers comme un ensemble de vibrations. La matière est constituée du vide et d’énergie.
Quand les scientifiques s’intéressent à l’akasha.

 

La Virgen de Guadalupe

Je ne peux pas terminer l’année sans parler de la Vierge de Guadalupe. Noël s’y prête mais c’est la moindre des circonstances.
La “Virgen de Guadalupe”, c’est l’unicité pour la multitude. Le souffle tellurique du bouillonnant Mexique conduit à un point au nord de la ville de Mexico, la Villa – Tepeyac, du nom de la colline où, en 1531, la Vierge est apparue à l’indien Juan Diego. Le 12 décembre, fête de la Guadalupe, on y va à bicyclette – il faut voir ces pèlerinages qui confluent de tout le pays, avec à l’avant, la statue de la Vierge fixée sur le plateau d’une camionnette que les cyclistes poursuivent à coup de pédales jusqu’à Tepeyac. Sur une plus courte distance, mais avec la même souffrance, des pèlerins marchent à genoux jusqu’à la Basilique. 8 millions encore cette année ! Le Mexique espagnol et indien s’incarne dans la Guadalupe. On dit qu’elle a évité le massacre total des indiens dans ce pays, que Charles Quint a autoritairement nommé Nouvelle Espagne dès qu’il l’a eu dans son escarcelle et qui est sans doute resté le plus espagnol d’Amérique Latine. L’historien Jean Descola écrivait qu’au Siècle d’or, l’Espagne retentissait des cloches de ses églises. Vous ne trouverez pas d’église vide à Mexico mais pourtant, par l’oeuvre du syncrétisme, les civilisations pré-colombiennes résonnent, assourdissantes.

Nikola Tesla

Le nom de Nikola Tesla est revenu souvent dans mes recherches.
Le personnage semble issu d’un roman : un inventeur qui a à peu près tout découvert, le courant alternatif, le moteur à courant électrique, l’énergie libre. Poursuivi par de mystérieux hommes de main qui pourraient être ceux des grands industriels peu désireux de voir disparaître la source de leurs gains, terminant sa vie, en 1943, dans la solitude d’un modeste hôtel de New York. Lui qui voulait donner à tous une énergie propre et inépuisable… Avec lui, la physique rejoint aussi la spiritualité. Il prétendait que l’énergie libre, contenue dans l’atmosphère était l’akasha, qui désigne la mémoire qui contiendrait tout l’univers, de nos vies passées jusqu’à nos actes les plus anodins. Nous reparlerons de l’akasha dans deux semaines.

On obtient…

 

J’ai lu cette phrase, dans un livre de Pierre Jovanovic, et je la crois (malheureusement ?) juste :

“On obtient toujours ce dont on a besoin, pas toujours ce que l’on veut” 

La maison aux esprits

“Je connais à Lima une maison aux esprits. C’est un peu celle d’Eduardo et de Gertrudis Pastor mais si j’avais narré tous les phénomènes qu’on y raconte, j’aurais pu être accusé de mauvaise fiction. On y connait les EMI ; les apparitions sont légion. Les esprits sont si familiers qu’on n’interrompe pas une vaisselle pour cela.”
Il est mort Jim, chap 22

Dans IeMJ, je parle d’une “maison aux esprits” que je connais bien à Lima.Ecrit-elle une suite au roman ? 
Les faits se sont déroulés cette semaine.

La double vie de Véronique

La double vie de Véronique me trotte dans la tête cette semaine.
Il est des films qui nous accompagneront dès que nous les aurons vus. Mon premier roman, Vox Latina, est né de l’un de ceux-là.
Sur le place de Cracovie, depuis le virage de son bus, une jeune fille voit sa soeur, son alter-ego, au regard aussi étonné que le sien. Lorsque la Véronique polonaise meurt, la Française est brisée comme la poupée qui va la représenter.

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Weronika meurt sur scène, au sommet de son art et de sa voix, comme Krzysztof Kieślowski, le réalisateur, mourra peu après La double vie de Véronique, également victime de son coeur…

Castaneda

Diálogo Don Juan – Carlos Castaneda                                                                                                          

– Don Juan: Te ocupas demasiado de ti mismo. Ese es el problema. Y eso produce tremenda fatiga
– Castaneda: ?Pero qué otra cosa puede uno hacer, don Juan?
– Don Juan: Busca y ve las maravillas que te rodean. Te cansarás de mirarte a ti mismo, y el cansancio te hará sordo y ciego a todo lo demás.

– Don Juan : Tu t’occupes trop de toi. C’est le problème. Et cela produit une énorme fatigue.
– Castaneda : Mais que puis-je faire d’autre, don Juan ?
– Don Juan : Cherche et regarde les merveilles qui t’entourent. Tu t’épuiseras à te regarder sans cesse, et la fatigue te rendra sourd et aveugle à tout le reste.

 

Syncrétisme mexicain

A San Miguel de Allende, les cloches de l’église jouent de concert avec le tambour des danses pré-colombiennes. Pas vraiment un combat sonore… Les premières finissent par se lasser mais vont revenir.
Une question de temps…