Silence !

Que ce point d’exclamation est bruyant. J’en efface la présence.
Je veux parler du vrai silence, de celui qui met un frein aux agressions sonores. Dans la rue où j’habite, la métaphore automobile s’impose de ces klaxons aussi inutiles que nuisibles. Songez qu’ambulances et polices déclenchent leurs sirènes la nuit dans des rues désertes. Mes voisins intempestifs ne peuvent s’extraire la nuit de leur véhicule pour demander au portier de déclencher l’ouverture de la porte du garage. Ils ressentent le besoin irrésistible, à grands coups de klaxons, de prendre à témoin le quartier de leur désarroi.
Même si elle n’est pas traduite en espagnol, je leur conseille un article de la revue Inexploré (Inrees 39) Le silence, porte vers l’infini. L’auteur rend visite à des moines contemplatifs dans la belle Toscane italienne.

Morceaux choisis :
« Dans cette pièce gardée par la pénombre, la récitation psalmodiée des moines se mêle à de longues pauses de silence : un silence dense et profond, palpable et ébouriffé seulement par le chant des hirondelles dehors et le son de la cloche du sanctuaire qui nous annonce le passage du temps ».

« En partageant pendant ces quelques jours la vie de ces moines, l’observation de leur vie […], je ne peux m’empêcher de tourner mon regard vers nos existences d’hommes et de femmes qui ne vivent pas dans les monastères, mais au contraire « dans le monde ». Un monde hyperactif, hypertechnologique et à « ultra haute vitesse » ; une réalité submergée de plus en plus par un usage immodéré de la parole, envahie par le vacarme, manifestations directes d’une agitation profonde qui va bien au-delà de toute parole, de tout son et de tout bruit. Comment pouvons-nous retrouver, « chez nous », cette reliance profonde au silence authentique, porte ouverte au dialogue avec l’infini, qui est finalement notre racine profonde ? »

Vox Latina

Ca s’est passé en avril de l’année suivante. Louis était dans un bar à quelques kilomètres de chez lui où il avait ses habitudes.
L’atmosphère n’était pas habituelle. La journée était sombre et les lumières du café en position semi-nocturne. Anna est entrée. Il l’a reconnue immédiatement.

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Pas sûr que nous ayons des yeux pour voir

Derrière les apparences de normalité, les anomalies s’en donnent à coeur joie. Défaits de notre passé, peut-être verrions-nous le monde d’une autre façon.

Vox Latina

Jim avait fini par apprécier Pedro. Au début, il le trouvait pénible, avec son côté délicat et ses prétentions artistiques. Il s’impatientait quand il s’intitulait auteur dramatique et commentait chaque ligne écrite. Etrangement, Jim avait constaté qu’il écrivait réellement bien. « Etrangement » parce que souvent, la vanité est l’apanage de ceux qui, sans elle, ne se distingueraient pas. 

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Une vie

Une vie se résume à combien de lectures, combien de rencontres ?
Combien de moments où l’on oublie notre condition humaine ?
En fera-t-on le compte ?
Quels instants suspendus
élevés
au temps enlevés ?

 

Vox Latina

Après maintes tentatives infructueuses, il s’extirpait de sa voiture et lui jetait à chaque fois un regard admiratif avant, rite immuable, de reculer de trois mètres cinquante pour appuyer sur la télé-commande des portières et jouir du bruit que faisaient les serrures ainsi actionnées. Les curieux – il n’en manquait jamais, vaquaient alors à leurs occupations, qui au classement improbable des tonnes de papier de l’administration, qui à la verbalisation des bicyclettes – à Toamasina, un automobiliste sans papier encourt moins les foudres de la police que le plus petit cycliste sans vignette. Loi du nombre !

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Certitudes

Je me demande si la pleine certitude exprimée par les croyants n’est pas un frein à la propagation d’un savoir bien réel.
Je crois que la foi a besoin d’explications. Pourquoi ne pas exposer le cheminement qui amène à faire sienne une spiritualité ?

Vox Latina

C’est bien simple. N’oublie pas que c’était une guerre mondiale. Le Pérou se considérait en guerre contre l’Allemagne et… l’Italie, même si les fascistes européens ne connaissaient pas le Pérou et ne se souviendraient de l’Amérique du sud qu’à partir de 44. Avec mon nom italien, malgré ma nationalité française, j’étais un ennemi ; j’ai même été accusé d’espionnage. Je suis resté plus d’un mois en prison, où j’ai mangé tant de soupe de poissons au goût de savon que, maintenant, je déteste le chupe[1] péruvien. Sans parler du froid !.. Faut pas croire que Lima est un paradis tropical : six mois d’intense humidité qui me gelait les os dans une île battue par les vents. Il y avait beaucoup de détenus, arrêtés arbitrairement comme moi. J’aurais pu apprendre l’allemand en prison si j’avais voulu.

[1] Soupe à base de crevettes et de lait.

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San Juan Chamula

             Le Chiapas, vous en avez sans doute entendu parler. Un des derniers révolutionnaires de la zone, le Sous-commandant Marcos y avait déployé son armée zapatiste.
Et c’est là que se trouvent les plus beaux sites mayas : Palenque, Chichen Itza, Yaxchilán. Je vous conseille particulièrement cette dernière cité, encore assez méconnue.

Vox Latina

Je reprends la route, le soir même, sous un prétexte fallacieux, qui laisse mon père plus pantois qu’il ne veut bien le dire. Convaincu que le destin me joue un sale tour, et comme prêt à l’affronter, j’appuie de plus en plus fort sur la pédale de l’accélérateur. Le véhicule fait des embardées, je rattrape la trajectoire par de brusques accélérations. Les arbres menaçants semblent attendre l’heure fatale de la rencontre…

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