Sur les cimes

Vous arrive-t-il d’être appelé par des lieux qui ne vous attirent pas a priori ?
Je tombe la semaine dernière sur une information qui m’est apparue étrange, sans doute parce que je l’ai mal interprétée ou à la lueur, à l’obscurité que représente pour moi le lac Titicaca. Cette étendue d’eau, une petite mer à 4.000 mètres d’altitude ne m’était pas apparue bien séduisante lors de ma visite. Frigorifié par un air avare d’oxygène, j’avais navigué vers une île empaillée, aux sens propre et figuré. Des indiennes à l’air las proposaient des babioles sur la surface mouvante puis l’on repartait engoncés dans le froid, le regard vers les mornes herbes du lac.
Le gouvernement bolivien a décidé de construire un musée subaquatique sous les eaux du Lac Titicaca, après la découverte de milliers de pièces archéologiques dans ses abysses, a annoncé mardi le Ministère de la Culture.
Un musée subaquatique, si près du ciel mais tout de même sous l’eau. Il y a d’autres musées subaquatiques mais celui-là m’a laissé pensif.

Un médium dont je parle dans Il est mort Jim, « Appelons Luc », m’a décrit près du Lac Titicaca une de mes vies, la plus détaillée et saisissante qu’on m’ait narrée.
Et j’ai repensé aux nombreuses fois où j’entends parler du Lac Titicaca. Berceau des mystérieuses civilisations aux dires de plusieurs traditions, véritable origine des Incas du Pérou, lieu de naissance de Notre Dame de Copacabana qui brille sous les feux de Rio…

C’est ma réponse

« La souffrance, c’est comme le Grand Canyon. Si vous dites “c’est tellement beau, il faut le protéger du vent et de la tempête”, jamais il n’aurait pu être sculpté par le vent et jamais vous n’auriez pu apprécier sa beauté. C’est ma réponse à propos de la souffrance. Si vous ne souffrez pas, vous ne grandissez pas. »

Elisabeth Kubler Ross interviewé par Pierre Jovanovic, in Enquête sur l’existence des anges gardiens, J’ai lu Aventure secrète, 2016 P. 212

Vox Latina – les adieux

Vendredi prochain, s’achève la diffusion du roman Vox Latina. On peut retrouver son texte complet, publié par épisodes, sur la page Facebook qui lui est consacrée.
Sur ce site, les photos sélectionnées pour chaque épisode ont été proposées chronologiquement chaque semaine de ces derniers mois. J’ai fait de même avec les publications de Il est mort Jim.
Le défilé des photos est une narration que je rattache aux livres par le fil du souvenir des lectures antérieures.

Je voudrais dire deux mots de Vox Latina avant qu’il ne disparaisse. C’est mon premier roman, un ami à qui je voudrais dire au revoir.
Il est constitué de tableaux qui vont et viennent dans le temps et les continents. Les personnages émergent du passé. Le narrateur ne sait pas bien où les chercher, dans un coin tout près de campagne ou dans les profondeurs d’un autre récit qu’il avait fait réalité. C’est sans doute la construction la plus complexe que j’ai élaborée et pourtant, Vox Latina a été écrit d’une seule traite.

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant…

« Pourquoi avez-vous peur de la mort si toutes les nuits vous mourez ? » Allan Kardec

Etrange que toutes les nuits nous vivions des expériences en-dehors de notre corps, qu’on ne peut nier puisque nous sommes les acteurs physiques de réalités qui ne correspondent pas à celle de notre corps couché. Etonnant que nous explorions continuellement des dimensions hors de notre monde physique et que nous ne croyions qu’en ce dernier.

De l’Himalaya

L’humilité ne consiste pas à se considérer comme inférieur,
mais à être affranchi de l’importance de soi.

MATTHIEU RICARD.

L’Enseignement Tibetain De La Vie Et De La Mort

 

Mathieu Ricard, moine bouddhiste et photographe, a passé sa vie dans la grandeur naturelle de l’Himalaya.
Un bon remède aux affres de l’ego, non ?

A deux voies

La musique glissait, ruban familier. Ses notes, des bulles offertes à son écoute distraite. L’homme écarquillait des yeux qu’il tentait de plonger au fond de lui-même. Obscures sont les voies qui tracent nos chemins intérieurs.
Les notes durent courir de plus belle, les pianos se faire deux, le rythme s’amplifier, marteler le court espace pour qu’il comprenne…
Que la lumière qu’il cherchait lui parlait.
Que jamais elle n’avait cessé de le faire.

 

Tout est possible

Rien n’est impossible

La passion de Tiradentes

Au moment où j’écris ces mots, le 21 avril commémore au Brésil la figure de Tiradentes. A quatre mains franco-brésiliennes, nous avons raconté son histoire ou plutôt Teresa de Carvalho l’a fait. Partie d’une Lisbonne dévastée par le grand tremblement de terre de 1756, Juive fuyant l’Inquisition, nous l’avons imaginée débarquant au Nouveau Monde, accueillie par la magnificence naturelle de Rio et par les bras vigoureux de Joaquim da Silva Xavier, le rebelle qui faillit, avec une poignée d’hommes moins courageux que lui, libérer le Brésil de la couronne lusophone. Les années en ont fait une représentation christique. L’Histoire raconte qu’il s’est livré au bourreau sans frémir. Sa tête exposée à Vila Rica a clos son chemin de croix. Si vous y allez, cherchez Ouro Preto. C’est ainsi que l’on connaît actuellement la ville. Sa beauté vous envahira et peut-être entendrez-vous le pas du cheval du fameux sculpteur Aleijadinho.
Notre éditeur, LF Publicações a eu la bonne idée de publier des lectures du roman, en cette période anniversaire. Pour ceux qui ne parlent pas le portugais, la traduction apparaît à côté des vidéos.

Jim et Marc

Il est mort Jim est une aventure que nous avons vécue à deux, mon personnage et moi. Il a entamé un chemin que j’ai emprunté avec lui. Mes pages sont son berceau et son cercueil puisqu’il est mort dès le début du roman.
Jim se plaint à la fin de notre parcours que je le renvoie au néant du livre qu’on ferme. Il m’a envoyé un message qu’il n’a pu me délivrer au détour d’une conversation.

Il a utilisé un vecteur que j’ai peu apprécié. Mais on ne va pas se laisser faire tout de même !!?

Une expérience de mort imminente

« J’avançais dans un tunnel. Précisément, mon corps glissait à l’horizontale dans ce tunnel. Il y avait une lumière verte, pas trop forte, autour de moi. Je sentais que quelque chose me frottait le corps. Comme une brise mais en même temps ce n’était pas le vent. C’était une sensation complètement inconnue et agréable. Un plaisir pas connu dans cette vie. Je me rappelle aussi que j’étais très calme, très relaxé. Au milieu du tunnel, tout d’un coup, je me suis réveillé et petit à petit, j’ai vu l’infirmière qui me parlait. Et au même moment que je me réveillais, j’ai nettement senti que quelqu’un se levait de mon lit. Quelqu’un qui a soulevé les draps et s’est levé. »
Il est mort Jim, p. 13-14