FRANÇOIS BRUNE, LE PRÊTRE QUI MANQUE A CE MONDE
Marc Boisson – extraits

Je n’ai jamais rencontré le Père François Brune. Pourtant, je l’ai bien connu.
J’ai eu le plaisir de lire ses livres et ai avidement visionné tout ce qu’Internet offre sur lui, trop peu à mon avis au regard de la stature de l’homme.
Il avait fait de solides études, ce qui n’a pas une importance en soi, mais qui renseigne sur la brillante intelligence qui aurait pu lui valoir les ors feutrés des archevêchés. Il confia qu’il était devenu prêtre à cause de la dernière guerre et de l’emprise du mal dans le monde. Il attira vite l’hostilité de la plupart de ses confrères, dont il disait à la fin de sa vie qu’elle restait forte.
Pour la théologie romaine qu’il dénonçait, qui « refuse obstinément le témoignage de tous nos mystiques sur la déification de l’homme », il représentait un retour au Moyen Âge, ce qu’il assumait pleinement. Avec de telles convictions, il se trouvait forcément dans une position très marginale, qui lui ouvrit, au sens propre, d’autres horizons : « Mais, si depuis 1970, je n’ai plus aucun poste officiel dans l’Église, j’ai été amené à développer peu à peu une autre forme de ministère, à travers la France et même une assez grande partie du monde. » […].
François Brune a eu également le grand mérite de nous intéresser aux expériences aux frontières de la mort, terme qu’il préférait à celui « d’expérience de mort imminente ». À propos des visions de personnes ayant frôlé la mort, le Père Brune manifestait encore un grand œcuménisme, que la tradition catholique devait lui reprocher dans un silence assourdissant. Il pensait que c’était un enjeu trop important pour laisser indifférent. « Ceux que le surnaturel indispose, que le merveilleux agace, disons plus nettement, ceux qui ne veulent pas de Dieu tenteront toujours de réduire ces expériences à des phénomènes psychologiques, quitte à insister sur le fait que l’on ignore tout de la conscience humaine et que l’on est loin de soupçonner tous les pouvoirs de l’esprit. » […].
Il est inexact que je ne l’ai pas rencontré. J’ai pu m’approcher de lui, mais la vie l’avait déjà quitté. Un bienvenu concours de circonstances me permit d’être présent à son enterrement. C ‘était un lundi matin que le soleil avait offert à l’hiver. La cathédrale orthodoxe de la Sainte Trinité rutilait sur les abords de Seine. J’y entrai à la suite d’un long véhicule à la robe métallique qui en ouvrit les grilles. Il contenait le cercueil de François Brune, un homme dont les apports à ce monde devraient être bien mieux connus.

Le Père Brune est un des personnages du roman Ça n’intéresse personne