Il se passe des choses bizarres

Le public se leva bientôt pour se retrouver autour du buffet ou faire la queue avec un livre à la main en quête d’une dédicace des auteurs. La grande blonde semblait aussi esseulée que moi.
– Vous parlez français ? me dit-elle abruptement.
– Cela m’arrive, répondis-je.
Elle avait un regard fiévreux comme quelqu’un qui vivrait dans la clandestinité. Elle regarda autour d’elle avant de parler puis cloua son regard dans le mien.
– Pourquoi dites-vous que ça vous arrive si vous êtes français ? Vous habitez ici depuis longtemps ? Je ne vous ai jamais vu.
– Non, je suis en vacances.
– Moi, j’ai préféré partir à la campagne. Vous savez, il se passe des choses bizarres ici.
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#ilestmortjimmarcboisson

Allons-y piano


Un clic sur le chemin l'ouvrira vers la Campanella 
- Paganini Liszt et Evgeny Kissin

« Je buvais ses paroles autant que le dernier café en sa compagnie. L’intuition que je ne le reverrais plus me saisissait au fur et à mesure que le soleil se déplaçait vers son zénith et replongeait la pièce dans une semi-obscurité, délaissant la petite fenêtre par laquelle j’aime penser que le monde extérieur prenait congé de lui. Je m’étonne aujourd’hui d’avoir ressenti cette ultime urgence, moi qui, avant de le rencontrer, n’avais jamais suivi d’autres élans que ceux que la raison me dictait. »
Marc Boisson, Ça n’intéresse personne, manuscrit
#çaninteressepersonne 

 

L’inspecteur est fatigué

L’inspecteur est fatigué, sa femme l’a quitté, il boit plus que de raison.
Je lis un de ces livres policiers, pas mal fait, honnêtement manufacturé comme un aliment dont la recette git au coin d’une table. On y revient car on aime sa quintessence mais on se demande s’il n’aurait pas été meilleur avec plus de nouveauté.
Les intrigues bien ficelées me distraient mais je ne comprends pas pourquoi on ne les applique pas à des situations moins caricaturales. Sortons les énigmes des commissariats, lisons Pierre Magnan et ses mystères des Basses Alpes, Eduardo Mendoza et son héros qui doit à chaque fois s’échapper de son hôpital psychiatrique pour mener l’enquête.

La dernière recherche de Jim

« En 2012, à 58 ans, vingt-cinq ans après mon doctorat, je commençai une dernière recherche, que je dédiais… à la mort.
Elle débuta par une rencontre.
Les rapports entre la mort et le Sentier Lumineux sont étroits. Maintenant que j’observe la quête que devint petit à petit ma dernière recherche, je me dis que la décision de l’entreprendre fut mon premier acte de liberté.
Plus je vieillissais, plus j’aimais me promener sur le bord de mer. J’allais régulièrement sur le Malecón Císneros, à Miraflores, où, du haut des falaises, on embrasse l’océan Pacifique. »
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#ilestmortjimmarcboisson

 

 

Seul dans le siècle

Pourquoi lire Cent ans de solitude ? Pour être entraîné dans un tourbillon qui nous fait perdre conscience de la route rectiligne de notre existence. Ces cycles qui dépeignent une réalité magique au milieu de laquelle les faits les plus romanesques sont ceux qui appartiennent réellement à l’histoire.
Je l’ai lu et relu. On peut passer de sa dernière à sa première page sans s’en rendre compte. Pourquoi y mettre fin ?

Bouddhisme quantique

L’individu qui ferait la synthèse entre le bouddhisme et la physique quantique ne ferait-il pas alors un grand pas vers la connaissance ? C’était précisément la conclusion du Livre tibétain de la vie et de la mort : « Lorsque je pense à la remarquable explication de la réalité que propose David Bohm, je suis tenté de m’interroger sur ce que pourrait découvrir un grand savant qui serait en même temps un pratiquant spirituel réellement accompli, formé par un grand maître. Qu’est-ce qu’un savant et un sage, Longchenpa et Einstein tout à la fois, aurait à nous dire sur la nature de la réalité ? »
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#ilestmortjimmarcboisson

Tourne-page

Je termine le roman de Bernard Tirtiaux, Le puisatier des abîmes.
Quel bonheur que d’avoir envie de retrouver d’un livre ! L’impatience d’être dans son lit pour reprendre ses pages, la lutte contre le sommeil pour prolonger la lecture… Je ne sais pas vous mais chez moi, c’est rare.
Bernard Tirtiaux raconte l’histoire de déchets projetés dans le magma de la terre, celui dont Jules Verne avait ouvert les brèches. Son narrateur est un faiseur d’images cloué au sol mais visant les cimes, celles d’un orfèvre de la recréation de la réalité et assoiffé d’un amour dont il tente à corps perdu de saisir la fugacité.

Dans ses dernières pages, le roman flirte un peu trop à mon avis avec le dénouement classique d’une intrigue planétaire mais je vous en conseille la lecture.

Un soleil offert à l’hiver

« Je me rendis à son enterrement, un lundi matin que le soleil avait offert à l’hiver. La cathédrale orthodoxe de la Sainte Trinité rutilait sur les abords de Seine. Un long véhicule à la robe métallique en ouvrit les grilles. Les quelques personnes que nous étions le suivirent et entrèrent dans la salle de la cérémonie avec le cercueil. Je reconnus deux médiums sous les icônes, une témoin convaincante au grand cœur d’une lointaine EMI et un écrivain proche du défunt que je n’aimais pas beaucoup. C’était la première fois, et sans doute la dernière, que j’assistais à une messe orthodoxe. »
Marc Boisson, Ça n’intéresse personne, manuscrit
#çaninteressepersonne

Promenons-nous dans les bois

Marcher parmi les arbres détendrait et rendrait plus gentil.
Il n’est pas surprenant que marcher entre les arbres aurait des effets bénéfiques sur la santé. Le shinrin-yoku ou  » bain de forêt  » est une pratique japonaise qui célèbre les qualités de la forêt améliorant la santé.
« Des études ont suggéré que passer du temps en milieu forestier peut réduire le stress psychologique, les symptômes dépressifs et l’hostilité, tout en améliorant le sommeil et en augmentant la vigueur et le sentiment de vivacité », rapporte Mother Earth News.
« Ces changements subjectifs correspondent parfaitement aux résultats objectifs rapportés dans près d’une douzaine d’études portant sur 24 forêts – niveaux de cortisol plus bas, pression artérielle et pouls moins rapides. »
Une étude publiée dans Scientific Reports a examiné les avantages pour les citadins, en particulier ceux qui font face au stress, des avantages pour la santé mentale de vivre près des forêts.