Vox Latina

L’équilibre était cependant fragile. La clémence des gardiens souffrait de subites dépressions et avait besoin d’encouragements réguliers. Lorsque les dons que parvenaient à récolter les détenus étaient jugés peu à même de soutenir le moral chancelant des cerbères, ceux-ci leur indiquaient leur mécontentement par des signes discrets. Des blessures apparaissaient soudain sur les prisonniers que les gardiens invitaient à une petite conversation dans de discrètes salles de garde. Les cachots obscurs se remplissaient et les promenades avaient la fâcheuse tendance à se faire plus rares.

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Plus je vieillissais…

Il est mort Jim a visité Lima en compagnie d’une lectrice qu’il apprécie tout particulièrement. Elle nous envoie des photos. Merci à elle ! Quand la fiction crée la réalité.

« Plus je vieillissais, plus j’aimais me promener sur le bord de mer. J’allais régulièrement sur le Malecón Císneros, à Miraflores, où, du haut des falaises, on embrasse l’océan Pacifique. »

« Je me vis sur la falaise de Miraflores, marchant d’un parc à l’autre, comme je le faisais souvent, observant le Boeing dans lequel je volais. Le ciel en haut des Andes était dégagé. »

« Nous l’avions croisée alors que nous partions, par le bord de mer, boire un verre à Larcomar. « 

« Lorsque je repartis en direction de Larcomar, l’après-midi finissait. Les promeneurs avaient disparu. Les vieilles dames blanches de Miraflores étaient rentrées dans leurs immeubles, certaines en fauteuils poussés par des employées métisses en uniforme. »

« J’aimais, je l’ai dit, parcourir l’enfilade de parcs du Malecón et Lis-Angela déguster un milk-shake de lúcuma au Mangos, une cafétéria qui avait une terrasse au bord des falaises. « 

« J’étais déjà passé plusieurs fois devant le couvent Santo Domingo. En retrait de la place d’Armes, avec ses murs roses-ocres salis par la pollution, le bâtiment n’avait jamais attiré mon attention. « 

« Lorsque je franchis le porche, je fus saisi par cette odeur caractéristique des églises coloniales liméniennes : l’encens mêlé à la pierre froide. Je ne savais pas trop comment on était introduit à un rendez-vous ecclésiastique. « 

« Un homme grand, d’une soixantaine d’années, avec un léger embonpoint et un discret costume, où je ne distinguai la croix qu’une fois à proximité, s’approcha de moi dans la première travée du cloître. »

« Le Père Machado proposa que nous nous rendions à la Bibliothèque du couvent, que j’admirerais sans doute et où il pressentait que j’aimerais que se déroule l’entretien. « 

« -Je savais bien que si vous disiez « mon père », vous ajouteriez une impertinence. « 

« J’aimais beaucoup ce vieil établissement fait de papier et de bois. Par-dessus tout, trônait l’odeur d’encaustique, de cire que je n’ai connue qu’à Lima et dont il ne m’étonnerait pas qu’elle puisse être emportée outre-tombe.  » (Librairie Virrey)

« J’eus d’abord le grand plaisir de la présence de mon vieil ami Claudio Pérez. L’idée m’était venue de lui proposer d’être le médiateur car il avait été la personne la plus proche au moment de mes recherches sur le Sentier Lumineux. « 

IeMJ Lecture Episode 92-Chap 13

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Vox Latina

La route a la vertu de me faire oublier toute préoccupation. Un objectif précis, qui fixe l’attention, des gestes mécaniques mais requérant néanmoins de l’adresse, voilà qui me convient parfaitement. Au volant, j’ai presque l’impression que les hommes sont bons et que leur vie a un sens. Une radio, quelques cigarettes, pas de passager, c’est encore mieux, et je me sens bien.On n’a pas si souvent l’occasion, en dehors des voyages, de songer sans être interrompu.

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Satish Kumar

« Personne ne devrait être obligé de travailler plus de 4 heures par jour. Le reste du temps devrait servir à nourrir son esprit, son âme, son imagination et sa créativité. »
Satish Kumar, La sobriété heureuse
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IeMJ Lecture Episode 91-Chap 13

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Vox Latina

Dans le vieux canapé du bureau de Colette Petitmars qui me sert de lit improvisé, j’ai du mal à trouver le sommeil. J’essaie de faire de ma rencontre avec Inès une réalité, me raccrochant aux mots de mon ancienne professeur. Mais il est des occasions où la réalité refuse de se conformer aux plus âpres désirs.
Les souvenirs que j’ai gardés sont tous issus du film de Jim. Après que Colette se soit couchée, j’interroge mon vieil ami. Pas de doute : la gare, la petite rue près de la cathédrale, la brasserie appartiennent à l’imaginaire de Jim et ont constitué ses lieux de tournage.

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Devant les preuves

Si l’on observe les faits, la posture de l’incrédulité systématique n’est-elle pas absurde ?

 

IeMJ Lecture Episode 90-Chap 13

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Vox Latina

– Je crois qu’il est surtout allé entendre la voix qui vous préoccupe tant tous les deux.
Et elle ajoute :
– Et il ne l’entendra pas…
Je sursaute :
– Comment le savez-vous ?
– Je peux vous l’expliquer…
– Vous l’avez cherchée ?
– Oui, mais je sais surtout qu’elle n’a jamais été présente dans le film. Je connais son origine.

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